Aux
soldats morts au combat .
SOLDAT ADOLESCENT
Une douleur aiguë
transperça sa poitrine,
Stoppé dans son élan, trébucha,
étonné,
Il tomba sur le sol au bas de la colline
Les
yeux tout grands ouverts sur le ciel étoilé.
Sa vie
s’enfuyait tel l’air d’un ballon crevé,
Il posa sa main
comme pour la retenir
Sur le trou rond et rougi de son
corps violé,
Et il su qu’à cet instant il allait mourir.
Alors surgirent des images un peu floues,
Elles défilaient
saccadées dans un rythme fou,
Comme dans un vieux film muet
en noir et blanc.
Toute son enfance, les filles, les
copains,
Les conneries, les cuites, les Amours naissants ;
Il ferma les yeux, maintenant tout était loin.
Gérard Bollon