Le pape Jean Paul II est mort à 21 h 37 samedi 2 avril 2005

à l'âge de 85 ans d'une agonie médiatisée.

   

 Il a fait le tour du monde plus de 20 fois

Pendant son pontificat, on estime que Jean-Paul II aura parcouru plus d'un million de kilomètres, soit plus de 20 fois le tour de la Terre. Il aura visité l'Afrique, parcouru l'Amérique du Nord et du Sud, sillonné l'Europe, découvert l'Asie et vu l'Océanie.

Cette boulimie de voyages, il l'explique en disant que le Christ a dit à ses apôtres d'aller et de prêcher dans toutes les nations du monde. Pour lui, ses nombreuses visites sont autant d'occasions d'établir des liens étroits avec les catholiques de toutes tendances, de même qu'avec les non-chrétiens. On se souvient qu'un de ses premiers voyages en tant que souverain pontife l'a conduit à Istambul, autrefois Constantinople, berceau de l'Église orthodoxe de rite oriental; il est le premier pape à s'y rendre en 1,000 ans d'histoire de l'Église catholique romaine. Il se rend même en Grande-Bretagne, où aucun pape ne s'est rendu depuis que le roi Henri VIII s'était autoproclamé chef de l'Église d'Angleterre, rompant ainsi avec papauté. Il s'entretient également avec des chefs musulmans et des docteurs de la loi juive. Par son exemple, il lance un appel pour une meilleure entente entre tous.


L'attentat

En ce 13 mai 1981, fidèle à ses habitudes, Jean Paul II se mêle à la foule rassemblée place Saint Pierre à Rome. Cependant, ce jour-là, la foule est moins nombreuse qu'à l'accoutumée et peut donc s'approcher plus facilement des nombreuses barrières qui délimitent le parcours du pape. Celui-ci apparaît enfin, détendu, chaleureux, à bord de la papemobile.

Quatre détonations...
 

Le véhicule blanc effectue son parcours sous les vivas et les applaudissements, se rend jusqu'à l'obélisque, le contourne et revient par le même chemin. Tout à coup, quatre détonations retentissent à travers les clameurs de la foule, juste au moment où le pape parvient à la hauteur de la porte centrale du Vatican. Il est 17 heures 19.

Un instant de flottement gagne la garde suisse, qui réalise finalement que ces quatre détonations sont des coups de feu. Dans la papemobile, le Saint-Père chancelle et s'écroule dans les bras d'un de ses aides; une tache rougeâtre macule sa soutane blanche.

Le chauffeur du véhicule, après un bref instant de stupeur, enfonce l'accélérateur et démarre sur les chapeaux de roues. Il gare la papemobile près d'une ambulance stationnée en permanence près des colonnades, qui sert habituellement aux fidèles pris de soudains malaise. Un médecin s'approche et ne peut que constater la gravité des blessures. La confusion totale règne place Saint-Pierre tandis que le pape est transporté de toute urgence à l'hôpital Gemelli de Rome.

Dans l'établissement de santé, c'est le branle-bas de combat. Tout le personnel est sur le qui-vive. La civière est aussitôt dirigée vers le bloc opératoire. Le Saint-Père est victime d'une hémorragie interne; on estime qu'il a perdu jusqu'à trois litres de sang. L'intestin grêle et le côlon sont touchés, mais aucun organe vital ne semble endommagé. Six heures plus tard, le pape Jean-Paul II est emmené en salle de réanimation. Il y restera jusqu'au 13 juin.

À Rome, les évènements aussi se précipitent. Au moment où la papemobile quitte les lieux du drame, les policiers italiens envahissent la place Saint-Pierre et repèrent sans tarder un individu qu'ils maîtrisent sans peine. La foule est plongée dans un profond étonnement, auquel succèdent la consternation et la douleur. Personne n'ose quitter les lieux de la tragédie; tous attendent des nouvelles du pape. Pendant l'attente des bribes d'information parviennent au monde entier, par l'entremise de la télévision et de la radio: le tireur est un Turc, un extrémiste de droite, et ses motifs restent obscurs. Un prêtre arrive enfin et, devant une foule soulagée, annonce que Saint-Père est hors de danger. C'est finalement au coeur de la nuit que chacun rentre chez soi. Aucune information supplémentaire ne sera donnée ce soir-là.

Il pardonne à son agresseur
 

Pendant ce temps, dans toutes les agences de presse du monde, les téléscripteurs continuent de crépiter: des bulletins spéciaux viennent interrompre régulièrement les émissions en cours, les quotidiens titrent l'attentat à la une. L'hôpital Gemelli est le théâtre d'un incessant ballet de cardinaux, d'archevêques, de membres du gouvernement italien et de diplomates étrangers.

Jean-Paul II repose en salle de réanimation, dans laquelle il passera en tout six jours. Quelques heures après l'intervention chirurgicale, il reçoit le premier ministre italien. Dès les premiers instants, il prononce déjà des paroles de pardon envers son agresseur, le Turc Mehmet Ali Agca, qu'il appelle sont frère: "Priez pour le frère qui a tiré sur moi, et à qui, très sincèrement, je pardonne".

Puis son état de santé s'améliorant, Jean-Paul II reprend ses activités: il reçoit ses proches collaborateurs dans sa chambre d'hôpital, consulte ses dossiers, donne ses directives, dicte sa correspondance et signe son courrier. Les médecins ne tardent pas à lui donner son congé, persuadés qu'il s'accordera une longue convalescence. C'est bien mal le connaître!

À la mi-juin, il est à nouveau contraint de se reposer, victime d'un virus fort rare, le cytomégalovirus, contracté à la suite d'une transfusion sanguine. Il faut six semaines aux médecins pour parvenir à l'en débarrasser. Le 5 août suivant, il faut à nouveau l'opérer. Il regagne finalement sa résidence d'été le 16 août, à Castel Gandolfo, pour prendre quelques semaines de repos.

 

 

Merci d'être là !   Pierrette coeur d'Amour

 

 

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