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Ces dernières années, qui ont été marquées par la lutte contre le
terrorisme et les guerres renforçant l'emprise du système mondial
dominant, le pape multiplie les appels à la paix. En 2001, il se
prononce clairement contre les offensives armées au Moyen-Orient:
"Le fracas des armes doit être remplacé par la voix de la raison et
de la conscience". L'attention sincère portée aux aspirations de
tous les peuples et le respect scrupuleux du droit international
sont les seuls moyens de ramener les parties à la table des
négociations et de tracer un chemin de fraternité pour les
populations.
Paul VI avait souhaité qu'une Journée mondiale de prière pour la
paix soit célébrée le 1er janvier de chaque année. Faisait sien le
voeu exprimé par son prédécesseur, Jean-Paul II consacre ce jour à
la réflexion et à la prière pour la paix dans le monde. Le 2 janvier
2004, il reprend un de ses thèmes favoris et écrit: "Je m'adresse à
vous, chefs des Nations, qui avez le devoir de promouvoir la paix. À
vous, juristes, qui êtes engagés à tracer des chemins d'entente
pacifique, en élaborant des conventions et des traités qui
renforcent la légalité internationale. À vous, Éducateurs de la
jeunesse, qui travaillez inlassablement sur tous les continents pour
former les consciences au chemin de la compréhension et du dialogue.
Et je m'adresse à vous aussi, hommes et femmes qui êtes tentés de
recourir aux moyens inacceptables du terrorisme, compromettant ainsi
à sa racine la cause pour laquelle vous combattez". Il insiste par
ailleurs sur le devoir de paix qui doit être obéi par tous.
Malade et fatigué, le Saint Père met un terme à ses longs voyages
évangélisateurs dans le monde. Pendant 27 ans de son pontificat, il
aura effectué 153 voyages à toutes les latitudes, et parcourus plus
d'un million de kilomètres. Refusant de prendre une retraite bien
méritée, il poursuit sa mission, cette fois en écrivant beaucoup de
lettres et d'encycliques.
À l'occasion du 150ème anniversaire de la proclamation du dogme de
l'Immaculé Conception, le pape voyageur fait fi de l'exhortation de
ses médecins. Il reprend son bâton de pèlerin et va à Lourdes les 14
et 15 août, 21 ans après sa visite d'août 1983. Il répond ainsi
favorablement à l'invitation faite officiellement par le président
de la conférence des évêques de France, Mgr Jean-Pierre Ricard, et
par l'évêque de Tarbes et de Lourdes, Mgr Jacques Perrier.
À Lourdes, le Saint-Père rappelle son culte de la Vierge Marie (Totus
tuus, soit tout à toi, telle est sa devise),
plus particulièrement de la Vierge noire de Czestochowa et,
accessoirement, de celle de Fatima. On se rappelle que cette
dernière aurait détourné la balle qui le visait lorsqu'il a été
victime d'un attentat le 13 mai 1981.
De Gastelgandolfo, le 20 septembre 2004, le souverain pontife
adresse un message aux participants des Semaines sociales de France
qui ont pour thème "L'Europe, une société à inventer". "Puisse votre
réflexion contribuer à relever les nombreux défis que représente la
construction de l'Europe et oeuvrer à des relations internationales
où l'homme a toute sa place". Intéressé à prendre part aux débats
politiques de l'heure, le pape ne délaisse visiblement pas son rôle
de diplomate.
Le 16 octobre 2004, le pape entre dans la 27è année de son
pontificat. Il reçoit à cette occasion de nombreux messages de
félicitations, en particulier des pays musulmans, en raison de "sa
détermination contre la guerre en Irak". Ce soir-là, le choeur de
l'Armée rouge donne un concert au Vatican devant le Saint-Homme et
6,000 personnes.
Le 17 octobre, depuis la basilique vaticane, Jean-Paul II procède à
l'ouverture de l'Année de l'Eucharistie, "mystère de lumière dans ce
millénaire". Il ne demande rien d'extraordinaire aux foules massées
devant sa fenêtre, sinon, "une intériorité profonde". Il publie sa
lettre apostolique Mane nobiscum, Domine (Reste avec nous, Seigneur!),
demande aux diocèses un acte de foi public dans le Christ présent
dans l'Eucharistie, et dénonce la violence, le terrorisme, la guerre
et l'avortement.
En décembre 2004, après la publication du tome 2 de la biographie
qu'il vient de publier et qui couvre les 20 premières années de son
pontificat, on comptabilise 356 ouvrages signés de sa plume et 279
livres livres inspirés par lui. L'immensité de son oeuvre, que ce
soit relativement au nombre de ses voyages, à ses canonisations, à
ses rencontres avec les chefs d'État ou à ses encycliques, lui a
valu l'appellation affective de "pape des records".
À la suite d'une trachéotomie (intervention chirurgicale consistant
à ouvrir la trachée pour permettre une respiration assistée)
effectuée en mars 2005, le pape est privé de la parole. Il ne cesse
pourtant pas de faire preuve de cette détermination qui lui a valu
des millions d'admirateurs partout dans le monde. Quelques jours
après son opération, il commence déjà à faire des exercices servant
à rééduquer ses cordes vocales. Armé d'un petit tableau noir, il
continue à communiquer, notamment pour élire certains évêques à des
postes importants. |