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Le
processus qui conduira à l'élection du prochain pape est
particulièrement complexe et a été revu par Jean-Paul II lui-même en
1996. Un document volumineux décrit avec minutie la façon
d'administrer une Église sans chef; il précise notamment qu'aucune
photo du pape mourant ou mort ne peut être prise. Aucune
documentation visuelle ni sonore ses ses derniers moments ne restera
dans l'histoire, à moins d'une décision contraire du cardinal
Eduardo Martinez Somalo, qui, conformément à la volonté du souverain
pontife, a assuré l'intérim à la tête de l'Église.
Immédiatement après le décès, ce cardinal camerlingue apposera des
scellés sur le bureau et les appartements privés du pape pour éviter
que des gens mal intentionnés ne s'approprient des documents jugés
confidentiels. Après avoir communiqué aux médias la nouvelle du
décès, il convoquera tous les cardinaux en conclave pour élire le
successeur de Jean-Paul II.
Les règles de l'Église prévoient une période de deuil de neuf jours
après la mort du pape. C'est durant cet intervalle que les
funérailles du Saint-Père seront célébrées, précisément entre le
quatrième et le sixième jour suivant son décès. Selon la tradition,
le pape sera inhumé dans la basilique vaticane, près du tombeau de
saint Pierre, mais la décision ne sera confirmée qu'une fois que son
testament aura été lu. Selon certains de ses compatriotes polonais,
le pape souhaitait être enterré dans le tombeau de sa famille, près
de Cracovie, en Pologne.
Une fois tous les cardinaux arrivés à Rome, dont Mgr Jean-Claude
Turcotte, de Montréal, et Mgr Marc Ouellet, de Québec, le processus
électoral commencera au plus tard 15 jours après la mort du pape.
Le scrutin se déroulera à huis clos, dans la chapelle Sixtine,
spécialement réaménagée pour l'occasion. Tous les cardinaux seront
fouillés à leur entrée dans la chapelle pour s'assurer du secret du
vote et éviter que les discussions soient enregistrées secrètement
ou retransmises à l'extérieur de la salle.
La course au siège papal est entamée depuis déjà longtemps dans les
coulisses du Vatican et à l'étranger. Plusieurs noms circulent dans
la presse italienne et, ces dernières années, le jeu des alliances
s'est accentué entre les cardinaux; le choix se fera parmi quelques
candidats.
Au terme d'une première rencontre, les cardinaux passeront au vote.
Chacun écrira le nom du candidat de son choix sur un bulletin. Les
bulletins seront déposés dans une urne, puis mélangés et comptés. Si
leur nombre n'est pas égal au nombre de cardinaux présents, ils
seront tous immédiatement brûlés, et un nouveau vote sera ordonné.
La nomination par Jean-Paul II d'un grand nombre de cardinaux dont
les points de vue divergent relativement à certaines questions
d'actualité risque de ralentir le processus électoral. Plusieurs
jours s'écouleront peut-être avant qu'un cardinal ne recueille les
deux tiers des voix nécessaires à son élection en tant que 265è pape
de l'histoire de l'Église.
Quand le nouveau pape sera élu, il choisira le nom par lequel on le
désignera et ira saluer la foule en liesse sur le balcon du Vatican. |