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Cette
renommée dépasse vite les frontières de son pays pour s'étendre
jusqu'à Rome, où le pape Paul VI élève Karol Wojtyla au cardinalat,
en mai 1967, soit un peu plus de deux ans après l'avoir nommé
archevêque. À 47 ans, Krol Wojtyla devient l'un des plus jeunes
cardinaux. Aussitôt nommé, il se rend toute affaire cessante au
palais épiscopal de Varsovie afin de recevoir les bons voeux de son
supérieur, le cardinal Wyszkinski, primat de Pologne. Les deux
hommes diffèrent totalement d'opinions sur le rôle de l'Église.
Toutefois, le primat de Pologne doit s'intéresser à des questions
d'ordre beaucoup plus générale, alors que le cardinal Wojtyla se
préoccupe plus particulièrement des relations quotidiennes de
l'Église avec les autorités communistes en place en Pologne.
D'ailleurs, les autorités ne tardent pas à prendre le cardinal
Wojtyla en grippe, à cause de sa position sur les droits de l'homme
et de ses discours au sujet des dissidents. Il subit alors du
harcèlement et des tracasseries sans fin, mais cela ne freine
aucunement ses ardeurs et il continue à défendre de plus belle les
causes auxquelles il croit.
Au Synode de 1971, ses dons d'orateur lui valent une belle renommée
et le titre de secrétaire du synode, qu'il remporte par 115 voix sur
124. Au synode de 1974, le cardinal Wojtyla continue de jouir de la
faveur de ses condisciples et se voit chargé de rapporter la
deuxième partie des débats. Son travail est clair et précis. Au
synode 1977, le cardinal Wojtyla conduit la délégation polonaise en
l'absence du primat, le cardinal Wyszkinski; en tant que plus ancien
au secrétariat du concile, il en assume la présidence. Son
implication dans les arcanes du Vatican l'amène à occuper divers
postes dans plusieurs commissions importantes. De plus, il bénéficie
de l'oreille attentive et amicale du Saint Père, Paul VI.
Lorsque Paul VI décède, en août 1978, les chances du cardinal
Wojtyla d'accéder au trône de Saint-Pierre sont à peu près nulles.
En effet, depuis 456 ans, le pape est un Italien. Une fois encore la
coutume joue, car c'est le cardinal de Venise, Mgr. Luciani qui
hérite de la charge suprême et prend le nom de Jean-Paul 1er. Les
voies du Seigneur sont impénétrables... |