|
 |
Demain, dès l'aube...
Victor HUGO
(1802-1885)
|
| Demain, dès l’aube,
à l’heure où blanchit |
| La campagne, je
partirai. |
| Vois-tu, je sais
que tu m’attends. |
| J’irai par la
forêt, j’irai par la montagne, |
| Je ne puis
demeurer loin de toi plus longtemps. |
| |
| Je marcherai les
yeux fixés sur mes pensées, |
| Sans rien voir au
dehors, sans entendre aucun bruit, |
| Seul, inconnu, le
dos courbé, les mains croisées, |
| Triste, et le jour
pour moi sera comme la nuit. |
| |
| Je ne regarderai
ni l’or du soir qui tombe, |
| Ni les voiles au
loin descendant vers Harfleur, |
| Et quand
j’arriverai, je mettrai sur ta tombe |
| Un bouquet de houx
vert et de bruyère en fleur. |
Victor Hugo
Paru en 1847 dans “Les contemplations”
pour sa fille aînée, Léopoldine, qui s’est noyée
avec son mari lors d’une promenade en barque sur
la Seine, le 4 Septembre 1843 à l’âge de 19 ans.
|
|
|
|